WeWork
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WeWork est une entreprise de mise à disposition de locaux et de services de coworking. Elle est fondée en 2010 par Adam Neumann et Miguel McKelveycite-ref-tribune-4-0[4] et son siège social est situé à New York. Jamais rentable, elle bénéficie pourtant d'une valorisation boursière jugée irréaliste. En grande difficulté financière depuis 2019 lorsque des pertes élevées présentes dans ses comptes ont été rendues publiques, la société se déclare en cessation de paiements le 6 novembre 2023 devant un tribunal du New Jersey.
Contents
• Histoire
• Économie
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Histoire
Adam Neumann fonde l'entreprise The We Company (marque WeWork) en 2010cite-ref-cla621-5-0[5]. L'entreprise s'installe en France rue Lafayette fin 2016 à Paris, avec son 110e emplacement européencite-ref-6[6], et nomme Séverin Naudet à sa tête. L'arrivée de l'entreprise bouscule le dynamique marché national du coworking et fait réagir les concurrentscite-ref-cla621-5-1[5].
Économie
En août 2017, Softbank investit 4,4 milliards de dollars dans la compagnie américaine WeWork, portant sa participation dans la start-up à 7,4 milliards de dollarscite-ref-7[7]. Cet investissement valorise l'ensemble de Wework à une capitalisation de 20 milliards de dollarscite-ref-8[8]. En août 2017, Wework est présent dans une cinquantaine de villes et dans 16 payscite-ref-tribune-4-1[4] pour un total de plus de 260 espaces de travail partagés à travers le mondecite-ref-9[9]. L'entreprise compte alors environ 2 000 employés pour 130 000 utilisateurs quotidienscite-ref-tribune-4-2[4]. En août 2018 Softbank investit un milliard de dollars supplémentairecite-ref-10[10]. En novembre 2018, Softbank annonce un investissement de 3 milliards de dollars dans WeWork, la moitié devant être effectué en janvier 2019 et l'autre en avril 2019cite-ref-11[11].
Pourtant nombre d'économistes se posent la question de la viabilité du modèle économique de l'entreprise, ainsi que de sa valorisation réelle alors qu'une introduction en Bourse est prévue pour septembre 2019cite-ref-cla621-5-2[5]. Le développement à marche forcée, avec 150 ouvertures par an dans le monde, laisse planer le doutecite-ref-cla621-5-3[5]. En effet, peu avant cette introduction, les analystes constatent un cumul de déficits énormes, un modèle économique incertain et une direction inefficacecite-ref-chall-12-0[12]. Entre autres sont mis en avant les tarifs exorbitants de location de surface mais également le train de vie d'Adam Neumanncite-ref-chal659-13-0[13].
En octobre 2019, WeWork renonce à son entrée en bourse, après une importante perte de sa valorisation capitalistique, et licencie son PDG et cofondateur Adam Neumanncite-ref-14[14]. Ce dernier s'étant autorisé plusieurs libertés, particulièrement sur le résultat d'exploitation allégé de nombre de charges, « des réalités comptables avec lesquelles WeWork s'était arrangé de façon créative »cite-ref-chall-12-1[12]. Il part avec 1,7 milliard de dollars d'indemnitécite-ref-ch796-15-0[15].
Pour enrayer la chute de valorisation de 47 milliards de dollars en janvier à 8 milliards désormais, SoftBank, qui contrôlait déjà environ un tiers du capital via des investissements successifs d'un montant total de 10,6 milliards de dollars et se retrouve donc en situation comptable compliquéecite-ref-chal659-13-1[13], débourse 10 milliards de dollars pour prendre le contrôle de la sociétécite-ref-16[16].
En mars 2021, WeWork entre en bourse via la fusion avec une SPAC, levant 420 millions de dollars et évaluant la capitalisation de WeWork à 9 milliards de dollarscite-ref-18[18]. Mais dans la période qui suit, afin de réduire les pertes, les restructurations s'enchainent : vente de locaux dans plusieurs capitales du monde, retrait de centaines des bureaux sous-loués, arrêt de projets, reprise en main par les financiers afin d'effacer les débordements d'Adam Neumanncite-ref-ch796-15-1[15].
Fin mars 2023, l'entreprise est passée sous le milliard de valorisation en bourse. Le même mois, la banque annonce avoir renégocié 1,5 milliard de dollars de sa dette, la faisant passer à 2 milliards de dollarscite-ref-19[19]. D'après un courrier envoyé à la SEC américaine, la société WeWork est au bord du gouffre. Sa capitalisation boursière est passée de 47 milliards de dollars en 2019 à 284 millions de dollars en août 2023cite-ref-ch796-15-2[15]. En cause la perte de clients de la société initiée avec la pandémie de Covid-19 et qui continue depuis à cause notamment des nouvelles habitudes de travail (télétravail notamment) et de la baisse d'activité économique. Pourtant, contrairement à ses concurrents, WeWork dispose d'un très bon taux de remplissage, surtout en Europe, et reste bien positionnée sur son marché ; mais elle n'arrive pas à être rentablecite-ref-ch796-15-3[15].
L'annonce faite à la SEC prévoit une restructuration profonde de l'activité avec licenciements, cessions des bureaux déficitaires, émission de dette et/ou cessions d'actifscite-ref-20[20]. En mai Sandeep Mathari le PDG part après trois années en postecite-ref-ch796-15-4[15]. L'entreprise est au bord de la faillitecite-ref-21[21], son action côte une dizaine de centimes seulementcite-ref-ch796-15-5[15]. L'entreprise possède alors encore plus de 600 sites dans le mondecite-ref-ch796-15-6[15].
Au premier novembre 2023, la valorisation chute à 64 millions d'euros après que des médias ont rapporté que WeWork prévoyait de demander sa mise en faillitecite-ref-22[22]. Début novembre 2023, la société dépose le bilan et se place sous la protection du chapitre 11 de loi des faillites américainecite-ref-23[23].
En mai 2024, WeWork annonce la fermeture de 8 de ses 20 bureaux en France, dans le but de poursuivre une restructuration de ses activitéscite-ref-24[24].
Dans la fiction
Références
cite-note-33. fagot2019vincent-fagot2019Vincent Fagot, « WeWork, entreprise de coworking en perdition, sauvée par la banque japonaise SoftBank », Le Monde, 23 octobre 2019 (lire en ligne).
cite-note-tribune-44. rolland2017sylvain-rolland2017Sylvain Rolland, « Coworking : WeWork, les secrets d'une expansion hors du commun », sur Tribune, 28 août 2017
cite-note-cla621-55. decaux2019delphine-decaux2019Delphine Decaux, « Le coworking dévore les mètres carrés », Challenges, no 621, 12 septembre 2019, p. 32à 33 (ISSN 0751-4417)
cite-note-66. ↑ grallet2016guillaume-grallet2016Guillaume Grallet, « WeWork débarque en France », sur lepoint.fr, 22 novembre 2016
cite-note-77. ↑ 2017« Bureaux partagés : Softbank injecte 4,4 milliards de dollars dans WeWork », 25 août 2017 (consulté le 25 août 2017).
cite-note-88. ↑ braun2017elisa-braun2017Elisa Braun, « Les bureaux partagés WeWork valorisés 20 milliards de dollars », sur La Figaro, 25 août 2017
cite-note-99. ↑ 2017« Wework : le leader mondial du coworking forge son empire immobilier », http://blog-immobilier-toulouse.fr, 7 décembre 2017 (lire en ligne, consulté le 26 décembre 2017)
cite-note-1010. ↑ balenieriraphael-balenieriRaphael Balenieri, « Le champion américain du co-working obtient 1 milliard de dollars du japonais Softbank », sur Les Echos, 10 août 2018 (consulté le 26 août 2018).
cite-note-1111. ↑ 2018(en) « WeWork gets $3 billion in new funding from SoftBank », sur Reuters, 13 novembre 2018
cite-note-chall-1212. d-chaux2019delphine-d-chaux2019Delphine Déchaux, « Le bullshit des start-up », Challenges, no 629, 7 novembre 2019, p. 110 à 111 (ISSN 0751-4417)
cite-note-chal659-1313. d-chaux2020delphine-d-chaux2020Delphine Déchaux, « La chute de l'empire WeWork », Challenges, no 659, 18 juin 2020, p. 44 (ISSN 0751-4417)
cite-note-1414. ↑ lanhee-lee2019jane-lanhee-lee2019(en) Jane Lanhee Lee, « WeWork seen as startup lesson in what not to do in Silicon Valley », sur Reuters, 3 octobre 2019
cite-note-ch796-1515. pargamin2023david-pargamin2023David Pargamin, « WeWork colmate les brèches pour sauver les meubles », Challenges, no 796, 7 septembre 2023, p. 76-77 (ISSN 0751-4417)
cite-note-1616. ↑ boursezone-bourseZone Bourse, « SoftBank prend le contrôle de WeWork et renfloue son fondateur », sur www.zonebourse.com (consulté le 24 octobre 2019)
cite-note-1717. ↑ rauline2019nicolas-rauline2019Nicolas Rauline, « WeWork licencie 20 % de ses effectifs », sur Les Échos, 21 novembre 2019
cite-note-1818. ↑ nishantzainab-hussainfranklin2021niket-nishantnoor-zainab-hussainjoshua-franklin2021(en) Niket Nishant, Noor Zainab Hussain et Joshua Franklin, « WeWork agrees $9 billion SPAC merger to finally get stock market listing », sur Reuters, 26 mars 2021
cite-note-1919. ↑ quiret2023matthieu-quiret2023Matthieu Quiret, « Bureaux partagés : WeWork espère sortir de l'ornière cette année » , sur Les Échos, 19 mars 2023
cite-note-2020. ↑ rolland2023sylvain-rolland2023Sylvain Rolland, « WeWork tout près de la banqueroute, le champion déchu du coworking a-t-il encore un avenir ? » , La Tribune, 9 août 2023 (consulté le 9 août 2023)
cite-note-2121. ↑ 2023« WeWork : l’agonie annoncée d’un géant du bureau partagé », Le Monde.fr, 10 août 2023 (lire en ligne, consulté le 11 août 2023)
cite-note-2222. ↑ « WeWork au bord du dépôt de bilan », sur BFM BUSINESS (consulté le 2 novembre 2023)
cite-note-2323. ↑ 2023« WeWork, la star déchue du coworking en faillite aux Etats-Unis » , La Tribune, 7 novembre 2023 (consulté le 7 novembre 2023)
cite-note-2424. ↑ 2024« WeWork va fermer 8 de ses 20 bureaux partagés en France », sur Le Figaro, 3 mai 2024 (consulté le 6 mai 2024)
Article connexe
• Mama Works, concept de coworking proche, développé par la famille Trigano.
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